Texte Libre

Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 20:11

Les photos de Jocelyne Quénon ont quitté "Blogzoom"

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"Blogspot"

 

JoslYne qUénon 's PHOTOGRAPHIES

http://joslyne-quenon-pics.blogspot.com

 

Merci et bonne promenade !

Par Jocelyne Quénon - Publié dans : "photographie"
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 19:47

"Secrets de famille" à répétitions (suite)

 

"Les silences de Manette"

 

L'ONCLE CERBERE

 

Il aurait fallu continuer à l'admirer même sans son képi et ses histoires si "drôles" pour lesquelles il riait le premier et très fort pour annoncer le ton à suivre.

 

Il aurait fallu continuer à le saluer sans aucun doute même si...

 

Il aurait fallu approuver ses propos racistes, colonialistes et même pas Gauliste, n'en déplaise à Jané !

 

Comment oublier ce repas de famille (du temps où l'apparente famille n'était pas démantelée) ?...Ce repas où, au dessert, comme à bien des desserts, les paupières lourdes, l'articulation difficile mais le regard dur, à peine brouillé par les vapeurs du trop bon vin il l'avait encore menacée :

 

- "Toi : si tu n'es pas d'accord avec moi, tu prends la porte et tu ne reviens pas ici" !

Un sourire en coin, le regard fixé sur ses boulettes de mie de pain bien disposées autour de son assiette, tel un collier sorti de la panoplie du parfait petit artisan, elle sentait son estomac se nouer, encore !

Manette roulait des yeux dans tous les sens, s'attendant au pire.

Mais non, elle ne dirait rien ou presque rien.

Tout le monde, enfin la famille, avait le regard posé sur l'oncle, (regards ébahis, entendus qu'ils étaient d'admirer, de consentir, de ne pas se tromper d'angle). Antoine, tout rouge sous son acné, caressait le bracelet de sa soeur comme souvent et fixait son père, la bouche légèrement ouverte. Joz hésitait parfois entre le poisson rouge ou la poulette piquetée par les becs du poulailler.

-"Comment, lui, si diplômé, pouvait-il être si concon ?"

Bien campée sur ses jambes en dépit d'une entorse à la cheville gauche (pour ne pas changer - oui : elle et les entorses !), elle fixa son oncle le Cerbère avec, pour la première fois, un aplomb et une lueur de dégoût bien dosé pourtant :

- "Ne te donne pas la peine de me virer : je vais changer d'air. Déjà que tu te vantes partout de faire de la "ratonade", t'entendre dire : "qu'il aurait fallu tuer tous les Kanaks"...On peut se demander pour qui et pourquoi Jané a fait de la résistance ? Pour engendrer un monstre de fachisme et de connerie ?"

- "Allez tous vous faire foutre" !

 

..........

 

à suivre

 

Jocelyne Quénon

Par Jocelyne Quénon - Publié dans : "secrets de famille et non-dits" - Communauté : Revue poésie et nouvelles
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 22:40

"Le Terrier"

 

(Nouvelle du recueil : "Nouvelles ajournées")

 

La radio déréglée criait "Comme d'habitude" ou "My way" in French tandis que quelqu'un frappait à la porte pour changer...

 

Ils ne bougèrent pas..."Fallait pas pousser quand même, venir frapper sans même les avoir avertis par téléphone juste avant, voire la veille ni avoir confirmé par mail et pourquoi pas dans leur facebook cloisonné ! Non mais"...

 

Lui, affalé devant l'écran de l'ordinateur, une main molle posée sur la souris, faisait "comme d'habitude" de l'espionite dans le facebook des autres, en cliquant tous les deux  minutes chez Msieur Google, juste comme ça, pour voir, pour voir !

 

Elle, s'était levée, près de l'évier et marmonnait : "faut pas pousser, fallait prévenir" !

 

Les plantes non entretenues et les mauvaises herbes faisant office de rideaux naturels, elle dut se poser sur le pied droit et lever le menton pour entrevoir...la barrière.

 

La barrière !

 

Chez cez gens-là : histoire de barrières, faux-semblant, miroirs déformés, coeurs secs comme la chaussette aux écus usée près de la cheminée : celle de l'ancêtre...Barrière ! Passe-droit : être de la famille ou du clan. Et un clan ne s'ouvre pas comme ça (faut pas pousser) !

 

Cette barrière-là, plus ancienne que l'autre, sur le côté, ne s'ouvrait que de l'intérieur car déjà les ancêtres ne recevaient pas si facilement.

  

Barrière solide et renforcée par l'héréditaire bétonnement des souffles râlés sur autrui "pas de la famille" !

 

  La famille-clan !

Pourtant ce ne fut pas faute d'avoir entendu : "il faut s'aimer les uns les autres"..."Aime ton prochain comme toi-même", donc sans doute qu'ils ne s'aiment pas ces deux-là et surtout "elle"...

L'intérieur ressemble à celui de certain catholiques intégristes désignant clairement que les prières, la foi et l'ordre de Dieu l'emportaient sur le ménage, rangements et par conséquent désodre de "l'intérieur".. Cependant ces deux êtres-là semblaient avoir passé au travers des mailles du filet à "bondieuseries", tissées par la tantine aînée : celle trônant telle la châtelaine du village dans une demeure familiale bâtie par la chaussette sèche du pauv'petit paysant si économe...Un faux royaume pour sa vie à paraître...

Paraître et régner à la paroisse because elle joue de l'harmonium pour...pourquoi au juste ?...pour le goût de la musique et des cantiques faux cantiques, par dévotion à qui et pour qui ? Encore une histoire de trône pour "paraître socialement surélevé" dans cette partie-là de la famille si...paysannement "clergé et état"...

 

Bref, en tous les cas, elle, la propriétaire à la radio déréglée devait certainement être une rebelle : pas de messes, pas de cantiques, pas de prières, pas de dévotions, pas de pains bénis et encore moins de "tartines pour les malheureux"...Faut pas pousser !

 

Car : si sa tante aime trôner au-dessus du village et au-dessus des ouailles, ellen en tout cas, aime sa tranquillité sans étranger ! Pire : sans étranger à la famille! Non mais...

 

Quand la sonnette retentit dans la cuisine, elle venait de terminer le cubis de rosé (économie oblige et tant pis pour le palais). Tapie près de la fenêtre et lui devant son écran, elle se sentait forte et sûre d'elle. Seuls dans leur terrier ouvert aux seuls membres du clan et encore !...: à jours convenus et heures convenables (et bien des autres ne le sont pas). Convenus, convenables, déconvenues, inconcevables...

 

Mais comment "diable" avait fait l'ancêtre pour mettre autant d'écus de pauvres paysans dans la chaussette ne cessait-elle de se ressasser ? La vie n'est plus la même..."On" est revenus dans notre région pour être tranquilles. A Paname, on était envahis de sales étrangers et à la campagne "on" sonne à notre porte comme ça !...Non mais ! Je n'ouvrirai pas !...

 

...............

 

La radio déréglée  avait jeté son derner "way" in french dans le texte quand elle se décida à ouvrir la fenêtre en jetant son mégot dans l'évier.

 

Les dents serrées elle murmura à son "papa" comme elle le nommait aux autres, c'està-dire aux leurs, aux siens :

 

- "cette fois, je ne la raterai pas, elle !. Je te jure que ce sera la dernière fois qu'elle piétinera mais plate-bandes" !

 

- "Comme tu veux "maman"...Moi je finis de "zyeuter".

 

- "Ben t'en es où ?"

- "A la page de l'autre là, tu sais : la râclure"

- "Oui mais laquelle "?

- "T'occupe, "Maman" et redonne-moi un coup de rosé".

 

La fenêtre grinça en diapason avec la radio sur un air des années 60.

- "Hey toi" ! Je n'ouvre pas ma porte à cette heure-là ! La prochaine fois tu avertis" ! De toute façon, nous, on veille au grain : c'est une promesse faite à la mort de Marie-Thérèse" !

 

 

(à suivre...)

 

 

Jocelyne Quénon

 

 

 

Par Jocelyne Quénon - Communauté : Revue poésie et nouvelles
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 22:38

Juste parmi les Nations

Jeanne Méry


 
Dossier Yad Vashem : 4387
Remise de la médaille de Juste : 1994
Sauvetage : Bessé-sur-Braye 72310 - Sarthe
Nom de naissance: Doron
Nom d'épouse: Méry
Date de naissance: 13/05/1909 (Bessé-sur-Braye)
 
 
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Jeanne-Mery
Les Justes de France au Panthéon
source photo : YV _ FMS
crédit photo : D.R.
 
 

Notice

 

Cette notice est réalisée avec le concours du Comité français pour Yad Vashem


Histoire

Jean et Jeanne Méry

Jean Méry*, petit, pas costaud d'apparence, est né le 17 juillet 1909 dans une famille très modeste qui vivait dans une maison troglodyte.
Son père, Maurice, était boulanger à Trôo. Sa mère Henriette (née Girard) ne travaillait pas.
Il avait deux sœurs : Jeanine et Christiane.

Jean Méry* épousa Jeanne* née Doron à Bessé-sur-Braye le 13 mai 1909. Elle possédait "des biens". Le couple s'installe rue Jean-Jaurès.

Jean Méry* décida très tôt de résister et fit passer des familles juives et prit le "maquis sarthois" en cachette de tous sous le nom de "Sergent Albert". Son réseau se trouvait aux alentours de Bessé-sur-Braye dans le canton de Saint-Calais.
Son beau-frère, Francis Sommier, employé à la SNCF, le mari de Simone Doron, la sœur de Jeanne*, participe activement à la Résistance. Bessé par une grenade, il perdit la main, mais continua à recevoir dans une cabane du jardin la radio et à émettre.

Jean* et Jeanne Méry* cachent aussi des Juifs : M. et Mme Touchbend sont cachés dans une ferme avec leur fils cadet. Jeanne Méry s'occupa avec dévotion du fils aîné, petit garçon déficient mental.
La famille Hermann fut également cachée rue Jean-Jaurès.

Dénoncé pour fait de résistance, Jean Méry est arrêté et sera déporté vers Neugame, au Kommando de Stoken, tandis que son compagnon, Modeste Mortier, sera déporté à Matahausen.
Durant la débâcle, Jean Méry* est dirigé vers le camp de femmes de Ravensbrück. Il parvient à s'évader en se laissant tomber dans un fossé avec un autre compagnon de misère.

Après l'arrestation de son mari, Jeanne Méry continua seule à résister et à aider les familles juives. Elle prenait sa bicyclette la nuit pour chercher les messages dans les champs étroitement surveillés.

Les Touchbend et leur fils cadet furent arrêtés.

 Jeanne Méry* a re utà titre posthume la médaille des Justes.

05/09/2011
Auteur : Jocelyne Quénon

 

Par Jocelyne Quénon
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 22:38

Juste parmi les Nations

Jeanne Méry


 
Dossier Yad Vashem : 4387
Remise de la médaille de Juste : 1994
Sauvetage : Bessé-sur-Braye 72310 - Sarthe
Nom de naissance: Doron
Nom d'épouse: Méry
Date de naissance: 13/05/1909 (Bessé-sur-Braye)
 
 
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Jeanne-Mery
Les Justes de France au Panthéon
source photo : YV _ FMS
crédit photo : D.R.
 
 

Notice

 

Cette notice est réalisée avec le concours du Comité français pour Yad Vashem


Histoire

Jean et Jeanne Méry

Jean Méry*, petit, pas costaud d'apparence, est né le 17 juillet 1909 dans une famille très modeste qui vivait dans une maison troglodyte.
Son père, Maurice, était boulanger à Trôo. Sa mère Henriette (née Girard) ne travaillait pas.
Il avait deux sœurs : Jeanine et Christiane.

Jean Méry* épousa Jeanne* née Doron à Bessé-sur-Braye le 13 mai 1909. Elle possédait "des biens". Le couple s'installe rue Jean-Jaurès.

Jean Méry* décida très tôt de résister et fit passer des familles juives et prit le "maquis sarthois" en cachette de tous sous le nom de "Sergent Albert". Son réseau se trouvait aux alentours de Bessé-sur-Braye dans le canton de Saint-Calais.
Son beau-frère, Francis Sommier, employé à la SNCF, le mari de Simone Doron, la sœur de Jeanne*, participe activement à la Résistance. Bessé par une grenade, il perdit la main, mais continua à recevoir dans une cabane du jardin la radio et à émettre.

Jean* et Jeanne Méry* cachent aussi des Juifs : M. et Mme Touchbend sont cachés dans une ferme avec leur fils cadet. Jeanne Méry s'occupa avec dévotion du fils aîné, petit garçon déficient mental.
La famille Hermann fut également cachée rue Jean-Jaurès.

Dénoncé pour fait de résistance, Jean Méry est arrêté et sera déporté vers Neugame, au Kommando de Stoken, tandis que son compagnon, Modeste Mortier, sera déporté à Matahausen.
Durant la débâcle, Jean Méry* est dirigé vers le camp de femmes de Ravensbrück. Il parvient à s'évader en se laissant tomber dans un fossé avec un autre compagnon de misère.

Après l'arrestation de son mari, Jeanne Méry continua seule à résister et à aider les familles juives. Elle prenait sa bicyclette la nuit pour chercher les messages dans les champs étroitement surveillés.

Les Touchbend et leur fils cadet furent arrêtés.

 Jeanne Méry* a re utà titre posthume la médaille des Justes.

05/09/2011
Auteur : Jocelyne Quénon

Par J' - Communauté : Revue poésie et nouvelles
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