"Secrets de famille à répétition" et leurs répercussions
(Bribes du recueil)
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"Le père de Julie" ou le "mangeur de vies"
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Les épaules constamment voutées du plus loin que l'on ne s'en souvienne...
La tête inclinée en avant, avec des souffles : cheuuu ! cheuuu ! évacués en une sorte de tics...Il avait à évacuer mais quoi ?
- une partie de son passé et petite enfance lourdes à porter...son mal de vivre...mal dans la peau de celui qu'il s'apprit à être : cet être qui allait devenir le "mangeur de vies" ?...
........afin d'assurer sa seule raison de vivre, comme un coucou dans le nid de l'autre oiseau, tel un caméléon dans un décors déformé et peu conforme à son existence.., tel ce guerrier Aztèque se revêtant de la peau de son ennemi vaincu ?, ...tel un cannibal latent dévorant afin de posséder à jamais ?...
Le père de Julie avait dit : "personne ne sut ce qu'il mettait arrivé au fond du jardin"...
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Un autre étouffement que le sien entre un père travailleur, révolté seulement à table, inhibé qu'il fut et LA mère : possessive, vaniteuse dans une existence fade et peuplée de rêves irréalisables !
La maison suintait elle aussi, celle-là de soupirs aigres, de timidité ravageuse, de contradictions intérieures sans clé, d'étranglements de soi...d'asphyxie lente...
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Peu à peu, années après années, le père de Julie, s'infiltra dans la famille de Joz, telle une couleuvre même pas perdue, y prit sa place, en "voleur de vies" qui commença son oeuvre...
à suivre
Jocelyne Quénon
Bribes du recueil : "MANETTE"
(secrets de famille à répétitions...)
ET POURTANT....
Et pourtant, elles avaient le coeur quelque peu pommadé en pensant au nid mais les brindilles s'étaient fendillées.
Et pourtant Joz, le coeur explosé, avait réussi à ramasser quelques petits éclats en un puzzle rouge "au secours" aussi intense que son amour pour eux : Jané et Manette. Elle n'avait eu qu'eux, leur toit fut son abri, sa cachette, sa "remise", ses greniers, ses jardins, ses rêves...envolés, échappés de cette cage plus que nid et pas si dorée, finalement, finalement...
Et pourtant elle espérait y retrouver son enfance et le même abri mais...
Et pourtant elle était si fière avant tout cela, de Jané avec son glorieux passé et de Manette qui mena sa résistance et qui cacha avec ses débuts de silence...Elle ne fut jamais médaillée.
Et pourtant Joz garda le silence aussi pendant quelques temps...Comment parler et à qui en parler de cette si rouge joue de Manette après la grande claque de Jané ?...Joz ne savait rien et avait oublié des parcelles de mots entendus chez Mone et ailleurs. Elle s'approcha du lit où Jané avait jeté une ridicule petite valise et tenta de le calmer. Longtemps après sa propre voix résonnait lors de tous ces glas successifs :
"Jané ! Tu es devenu fou ! Pourquoi tu as giflé Manette ? Quel âge as-tu bon sang ?"
Puis se tournant vers Manette :
"Manette : que se passe-t-il dans cette maison ? Vous êtes tous devenus fous !"
Et pourtant Manette parla !
"Il veut partir et me laisser !...Comme dans le temps..." Et pourtant : "J'avais pardonné déjà une fois"...Et pourtant : "Ce n'était qu'une bonniche" !...Et pourtant : "C'était fini"...Et pourtant : "Il est devenu vieux" !
Et pourtant Manette pleura dans ses bras...
(à suivre)
Jocelyne Quénon
"JULIE OUVRE SON SUBCONSCIENT"
Bien longtemps après son acte, Julie lui dit :
"Maman, c'est toi que j'ai voulu tuer" !
"C'est vous tous" !...
"Quelque chose devait casser. Trop lourd, Mam.., trop lourd."..
"Regarde ma vie, regarde-là bien" :
" Depuis le divorce j'ai tout râté et toi aussi et "aucune branche" à laquelle se raccrocher dans cette conne de famille !"
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- "Julie" : ya plus de famille...Pire : "ya jamais eu de vraie famille", "une vraie famille comme on l'entend"...
- Mais ma petite fille : "tout ce sang dans la cuisine" ! tout ce sang pour rien...et le petit qui a tout vu. Et ce sang : c'est le tien !
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- "Mam", je ne sais plus comment j'ai fait, je ne sais plus...Je me suis frappée, je me suis frappée, je me suis punie, je nous suis punie...
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- "Mais ma chérie : "c'est ça qu'ils voulaient"...notre chute : nous les deux "uniques", fin de lignée...Bouche tes oreilles, court-circuite les mauvaises ondes et intentions, regarde au fond de ton coeur et "vois"...Ils ont voulu notre détresse, notre solitude, notre rejet...Ils sont notre rejet : reflet de leurs noirs desseins.
- "Julie : nous n'avions pas le droit à la différence...Nous taire !..ou leur ressembler mais comment ? :
(en faisant semblant, en nous forçant à être connes, à accepter leur uniforme, en tuant tout sentiment...normal et humain, en admirant sottement, en taisant ce qui nous trouble et nous interpelle, en pommadant même le moche, le très moche en dépit de certain glorieux passé ?...Jané n'a jamais combattu le Nazisme mais l'occupant...Les camps furent atrocement lourds à porter jusqu'à toi...Mais Jané qui brillait n'a pu le faire qu'au travers de Manette et ses biens, lui n'avait rien même pas son fils bâtard à taire...Se pavaner devant une plaque commémorative cachant tout le reste ?...Manette a "fauté" comme il faut dire...plus d'une fois et surtout durant les camps !...Les deux journaux ont tout livré entre-lignes..."
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- "Mam" : j'ai brisé le mauvais cordon avec mes fils !...
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- "Dieu merci" mais il vous faudra la force de voir, d'entrevoir, de sentir, de lutter et de ne jamais chuter dans la ressemblance...
(Ames noires en errance, Julie, n'oublie jamais cela) !
Jocelyne Quénon (à suivre)
- bribes de la nouvelle -
INTERMEDE
AUX SECRETS DE FAMILLE...(suite)
"LES ENVOLEES"
Comme les feuilles d'automne balayées
Dans ce grand parc "prison dorée",
Les papiers du coffre-fort
Si fragile pour cet oncle-Cerbère retord,
Et toujours ce coquin de sort...
Comme les feuilles envolées,
Petits papiers volés et photos brûlées,
Oncle-Cerbère a repris l'étendard
Des gardiens de secrets, non-dits et ares...
Il vit de la gloire du père défunt
En taisant les vérités entachées d'un mauvais parfum.
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Il ne fallait pas parler,
Il ne fallait pas oser...
Déranger !
Il ne fallait pas dévoiler,
Il fallait respecter
Même la fausse respectabilité !
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Joz avait enterré ses petites médailles
Près de la balançoire et persistants souvenirs sans failles.
Jocelyne Quénon
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